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le « Sphinx » la cinquantaine en bandoulière, un peu agitateur, sûrement provocateur…« je suis un homme et c'est naturel en somme »... les yeux brun, cheveux mi-longs, je m'habille décontracté style, détendu blue-jean... rien à voir avec les habits de lumière du prince charmant, ou d’un toréador… tombé amoureux à la suite de la rencontre fortuite avec une fée loucheuse, à moitié voyeuse, et carrément gâteuse… celle-ci s’est penchée pour ne pas dire précipitée sur mon berceau… il me faut maintenant rompre ce charme usurpé, par le tendre baiser d’une princesse insoupçonnée...À travers cet itinéraire insolite, à travers ces mots, je peins, l'amour, le désir, la vie… exprimant ici, surtout ce besoin de liberté, d'espace et de rêve. Aimer, tout de suite, sans attendre, sans la raison qui démantèle le cœur, avec l'intuition de l'instant... ce n'est pas facile d'être authentique tout de suite, d'enjamber ses propres règles de sécurité intérieure... il faut sans doute se brûler pour devenir véritablement soi-même, sinon on demeure figé, un triste sire atteint vainement d'asphyxie. Ce pourrait être là un début, je traverse la vie, aucun lieu n'existe. Je raconte des histoires pour m'enfuir, il me suffit d'être quelque part pour le regretter aussitôt, instants inconciliables que ces petits malentendus de l'âme... et pour renoncer à peindre il ne suffit pas de se contenter d'être.
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Incontournable soirée, ça reste à voir… je renvoyais l’image que l’on m’avait collée, celle d’un artiste ingérable. Parmi les toiles encore vierges, les livres, les tableaux, piles de photos, vinyles, plantes carnivores, dans ce capharnaüm abandonné à lui-même; truculente soirée là ou des artistes kamikazes s’y égarent… se croisent des intellectuels en goguette, globe-trotters, pince sans rire, des russes blancs, réel échantillon d’une improvisation tolérée… singulière maison du 27 avenue du château… alignée en bordure de l’avenue, à contre-allées ombragées de majestueux tilleuls tirés à quatre épingles… ces centenaires décalés me font le coup de la chaise tournante… infidélité chlorophyllienne, non, déracinement kafkaïen. Autre temps, autres mœurs : Richard Wagner et sa femme Mina vécurent dans la maison durant l’hiver 1841 c'est là qu’il travailla consciencieusement à son opéra "Le Vaisseau Fantôme". Par inadvertance et dans le plus grand dénuement l’homme inventa «le marcel à trous » calomnie, pensez vous… imaginez, le Richard en transit sur cette terre ombrageuse, équipé d’une Mina frigorifiée, n’ayant sous la main que son unique sang-froid, son inséparable tee-shirt… et ce putain de refrain en tête ! pas d’autre choix que d’aller couper du bois autour des étangs ou de lui faire un enfant… au moins deux bonnes raisons pour se réchauffer, c’est bien connu dans l’obscurité, plus l’obscurantisme romantique, pas moyen alors d’apercevoir le moindre poil pubien… ah, les us et coutumes… et à ce jour, aucune de mes invitées ne s’est jetée par la fenêtre, par amour pour Wagner. |
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Virginie et Ted virevoltent instinctivement, Virginie, une vraie brune aux yeux pétillants, une voyageuse des arts et des âmes… instigatrice, mère de famille exquise… Ted, son « homme » grand et mince, champion de rock acrobatique, ce blanc mec, ce gars, à la somnolence trompeuse… il est maintenant près de minuit, la fête bas son plein… la frêle branche de gui suspendue au-dessus de nos têtes n’a pas encore déclenchée cette cascade de baisers tant espérés… ah, partir, poser subrepticement le pied dans une ville inconnue. Deux visages imperturbables, quatre yeux… sur un banc là juste en face, un couple nous observe… Annie et Marcel Crougnard lui : pilote repenti de la compagnie aérienne Bel Air et elle hôtesse de l’air suspendue… ces deux-là n’ont rien d’autre à faire que de loucher la croupe de « la forcenée » qui danse avec moi. Avec Marcel c’est une longue histoire… j’y reviendrai plus tard, pas chien, nous les invitons à passer la porte, les lascars filent tout droit aux toilettes… avec son gilet sans manche, sa montre à chaînette, et son costard d’apparat, d’une humeur bizarre, le Marcel à une chance sur deux pour ne pas tirailler à côté… bref j’avais foutrement envie de changer d’air, profitant que ma désinvolte et prolixe « pin up » bavarde dans la cuisine avec ses copines, je fonce au jardin m’aérer le bulbe…
Une démangeaison qui me caracole le cœur, un foutu désir à fleur de peau… tendre fantasme : celui d’une femme angélique, d’une vestale, d’une odalisque au sourire pâte dentifrice…Ah, retrousser une bonne âme, une essence artistiquement sirupeuse…celle là même qui dans un souffle, dans un râle, m’enseignerait le secret d’espérer et d’attendre… cette petite sœur qui dans les règle de l’art me prendrait les mains quelques fois dans les siennes et me chuchoterait d’immaculés conseils… Cette perle rare batifolerait-elle sur internet ? « sous les jupes des filles » les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant équilibre et harmonie. Monde fluide à ces heures diverses, recherche d’images, d’impressions, d’émotions, je ne suis plus uniquement peintre, en vérité, mais un chasseur, le peintre piste le quotidien, usant d'une intention profonde au plus près de l’instinct, il guette et arrache sa vie…
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